Le panneau du musée te montre quoi. Ici tu manipules le pourquoi : pousse la manette, suis une molécule d'air, casse le moteur, répare-le. Et surtout, tu repartiras avec la réponse à la seule question qui compte : à quoi sert de brûler du kérosène, si c'est l'air froid qui pousse l'avion ?
Avant tout le reste
Un réacteur ne contient aucune physique compliquée. Il contient huit idées simples, empilées. Si tu les tiens toutes les huit, tu peux expliquer n'importe quel moteur d'avion à n'importe qui — y compris la dernière, celle qui piège tout le monde.
Quand tu as lu ça, passe à Le moteur : tu vas retrouver chacune de ces idées en train de se produire.
Les points qui filent sont des paquets d'air. Leur couleur, c'est leur température ; leur vitesse à l'écran, c'est leur vraie vitesse. Sur 100 paquets qui entrent, 92 contournent le cœur : ce sont eux qui font avancer l'avion.
Pousse la manette à fond et regarde deux choses. D'abord, l'air devient orange bien avant la flamme — c'est la pompe à vélo. Ensuite, regarde le canal extérieur : il n'y a ni feu, ni turbine, presque rien. Et c'est là que naissent 80 % de la poussée.
Maintenant ramène la manette au ralenti. Le canal froid ralentit lui aussi, immédiatement. C'est le point clé : le flux froid n'a aucune énergie à lui. Toute celle qu'il emporte lui a été donnée par la soufflante, qui la tient du feu. Coupe le kérosène et il n'y a plus de flux froid du tout — c'est ce que tu vérifieras dans Pannes › Extinction en vol.
Une molécule met environ 20 millisecondes à traverser tout le moteur — le temps d'un battement de cils divisé par dix. Sur cette page, elle est ralentie à peu près 300 fois.
Clique sur Lâcher une molécule. Tu entres par l'avant du moteur et tu ne ressors que 20 millisecondes plus tard, 400 mètres par seconde plus vite, et bien plus chaud. Les quatre cadrans te suivent en permanence.
Au bec de séparation, tu devras choisir ton camp : le canal froid ou le cœur brûlant. Les deux valent le détour — tu pourras refaire le trajet.
Trois expériences
Rien n'est truqué ici : les chiffres sont calculés avec les vraies formules, celles qu'utilisent les ingénieurs de Safran et de General Electric. Elles sont juste écrites simplement.
Ton moteur doit fournir une poussée fixe en croisière. Tu as le choix : brasser peu d'air très vite (la pagaie) ou beaucoup d'air doucement (la rame). Les deux marchent. Une seule est raisonnable.
L'entrée du moteur ne tourne pas, ne brûle rien, ne consomme rien. Et pourtant, en vol, elle comprime l'air toute seule. Compare les deux situations.
Écrase l'air et il chauffe, sans aucune flamme. Ce labo calcule exactement de combien — avec la formule réelle, la même que pour ta pompe à vélo.
C'est la question que tout le monde se pose et à laquelle aucun panneau ne répond. On y répond en suivant l'énergie à la trace, du réservoir jusqu'à l'avion. Baisse le débit de kérosène et regarde ce qui arrive tout au bout de la chaîne.
Chaque panne est un principe physique qui se venge. Lance un scénario : tout se déroule sur cet écran, sans rien faire défiler — le moteur, les instruments, le journal de bord et l'explication en direct.
Contrôle
Les questions se débloquent au fur et à mesure que tu explores.